Chambres antiques

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III. Sur le Port, suite. (Les histroires de Long John Silver)

Carthagène.
Les femmes, l’or, la liberté.

Sa première rencontre avec les pirates.
Il s’en souvient.
Tout d’abord, avec la rencontre d’un petit, gros, habillé uniquement d’un pantalon de cuir. Ses dents, enfin ce qu’il en restait, étaient jaunes et dans un piteux état. Certainement le scorbut. Son halène sentait le vieux rhum frelaté. Il lui avait promis de lui présenter son capitaine.

John n’oublia pas cette rencontre.

L’homme était grand, d’une stature digne du plus puissant des galions. De hautes bottes noires cachaient le bas d’un pantalon de la même couleur. Une chemise blanche, d’une propreté irréprochable, lui couvrait le torse, et les derniers boutons, nacré sertis d’or, laissait apparaitre une toison d’ébène.
« Ce doit être un espagnol ! », pensa John.
Une veste rouge sang, finement brodée d’or complétait sa tenue. Sur son épaule, un perroquet vert et jaune était occupé à jouer avec l’une des pointes du tricorne qui surplombait le crane du capitaine.
De ce couvre chef, déferlait une longue crinière noire, propre, coiffée.
Derrière sa longue barbe noire, tressée, une bouche épaisse mastiquait une vieille pipe en écume.
De ses yeux noirs, profonds, enfoncés sous d’immenses arcades sourcilières, le capitaine Flint dévisageait ce jeune blanc bec qui osait vouloir devenir pirate.
C’est ainsi que tout commença.

Un bruit.

L’homme revient à la réalité, sa main sur la paume de sa rapière. Rien, juste un chat.
Au fur et à mesure qu’il marche, le port et la ville s’éloignent, tandis que sa route commence à grimper en sinuant parmi les rochers gris couverts de lichen.
Bientôt la taverne. Bientôt un autre avenir, une autre chance. « Le lion d’or » est maintenant tout proche.
Long John Silver sourit intérieurement en pensant à un bon verre de Rhum.