Chambres antiques

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I. La plantation (Les histroires de Long John Silver)

Le soleil brille.
La relative fraicheur des matinées tropicales est très appréciable.
Le ciel bleu, sans nuage, offre une très belle lumière, faisant briller les feuilles alentours.
Le jeune Robert, dix ans, joue dans la cour de l’habitation de ses parents.
Les esclaves sont déjà au travail depuis plus de deux heures. Le vent souffle, dessinant des vagues ondoyantes dans les champs de cannes.
C’est l’époque de la récolte.
Les nègres s’activent à la tache, les coupe-coupe surgissant du haut des cannes, reflétant le soleil, puis retombant lourdement, avec violence, chtac, décapitant les précieux pieds.
De temps en temps des cris de douleurs s’échappent du champ, faisant écho au cinglement strident du fouet qui venait de déchirer l’air. Sans doute un esclave bavard, ou à la traine.
Les cris et les jeux des enfants, s’élevant de l’habitation, contraste avec la rumeur du labeur.
« Robert, c’est l’heure de ton cours », fit une voix féminine, douce, mélodieuse. « Ton précepteur vient d’arriver » poursuivi la voix.
A ces mots, Robert se précipita à l’intérieur de la demeure. Il l’aimait bien, son précepteur, un homme grand, assez maigre, modestement habillé bien que soigneusement.
Une riche barbe rousse, en collier, lui cachait le manteau. Ses yeux bleus exprimaient une grande intelligence et une certaine espièglerie, vestige d’une jeunesse assez lointaine.
John Mc Pherson, tel était son nom, ne cachait rien de son origine Irlandaise.
Les anglais avaient pris possession de l’ile depuis quelques années déjà, et la cohabitation ne se passait pas trop mal. Robert entra dans le bureau qui servait de salle de cours, précédé du précepteur.
Ce bureau, jadis appartenant à son père, décédé dans d’étranges circonstances (il parait qu’il couchait avec les esclaves). Il y régnait une forte odeur de tabac, imprégnée partout.
Un superbe bureau d’ébène, finement sculpté trônait au milieu de la pièce. Des statuettes africaines et autres objets de la même origine étaient disposés avec bons gout.
Dans la bibliothèque, une grande collection de livre indiquait une famille cultivée. Une superbe bouteille de très bon cognac, encore à moitié pleine, attendait d’être versée dans les magnifiques verres a pieds, finement gravés, qui l’entourait.
Le sol, un plancher du plus beau bois, était impeccable.
Le cours allait commencer.
John commença alors sa leçon de science naturelle en jetant un regard condescendant au jeune garçon.
Il ignorait qu’un jour, celui-ci deviendrait un redoutable pirate.